Les parlementaires du Berlin TB Summit appellent les pays du G20 à prendre des mesures ambitieuses pour lutter contre la tuberculose et les résistances aux médicaments

Le Berlin TB Summit se tenait du 20 au 22 mars dernier dans la capitale allemande. Cet événement[1] rassemblait des parlementaires des pays du G20 promouvant une mise à l’agenda de la tuberculose au prochain G20, enjeu incontournable en matière de résistances aux médicaments.

Le G20 : un acteur clef de la lutte contre les résistances aux médicaments (RAM) et la tuberculose

En 2015, la tuberculose représentait 1/3 des décès dus aux résistances aux médicaments. Les pays du G20 comptaient 46% des décès causés par la tuberculose et 55% des cas de tuberculose résistante aux médicaments. Si rien n’est fait, cette dernière causera la mort de 75 millions de personnes supplémentaires d’ici 2050, pour un coût économique estimé à 16,7 mille milliards de dollars, dont 62% sur les pays du G20.

L’année dernière déjà au Sommet de Hangzhou, les pays du G20 ont reconnu les résistances aux médicaments comme une « menace pour la stabilité économique et sanitaire mondiale ». Cette année, le G20 qui se tiendra du 7 au 8 juillet 2017 à Hambourg, en Allemagne, prévoit de mettre les résistances aux médicaments à son agenda, et a également demandé à l’OCDE de produire un rapport sur le sujet.

C’est dans ce contexte politique que les parlementaires se réunissant au Berlin TB Summit ont formulé des propositions et des recommandations sur les moyens que le G20 pourrait déployer pour faire face à la tuberculose résistante aux médicaments et aux RAM en général sous la présidence allemande.

Des recommandations opérationnelles à suivre

Au terme de deux jours de tables rondes et de discussions sur les moyens de faire face à cette épidémie, l’ensemble des parlementaires a adopté un document de position, qui appelle principalement les gouvernements du G20 à établir un nouveau mécanisme de Recherche et Développement (R&D) pour accélérer le développement d’un régime de médicaments plus court et plus efficace contre la tuberculose.

De plus, il est fondamental que ce mécanisme permette :

  • La mise en place d’incitations financières dès le stade précoce de la recherche clinique
  • La mise en commun des données et droits de propriété intellectuelle pour permettre des essais cliniques conjoints et simultanés de différents composés

La France doit maintenir son implication historique au sein d’UNITAID et dans la lutte contre la tuberculose

Le député français Monsieur Gabriel Serville a notamment pu mettre en avant le rôle déterminant joué par UNITAID, un programme dont l’action rend accessible l’achat de médicaments aux pays en développement et facilite la mise en commun de la propriété intellectuelle.  La France, qui fait partie des Etats à l’origine de sa mise en place, en est depuis dix ans le contributeur majoritaire : de 2006 à 2013, sa contribution annuelle s’élevait à 110 millions d’euros, avant d’être revue à la baisse pour s’établir en 2016 à 95 millions d’euros.

Aujourd’hui, il est urgent que la France endosse à nouveau un rôle clef dans la lutte contre la tuberculose au sein du G20, et porte les recommandations adoptées par les parlementaires lors du Berlin TB Summit au cœur des négociations du prochain Sommet.

[1] Organisé par le Global TB Caucus, le Stop TB Partnership et ACTION Partnership et avec le soutien de l’ONG allemande DSW