Finance en Commun – Banques Publiques de Développement : le temps de l’engagement

Alors que le monde est confronté à la plus grave crise sanitaire du siècle qui menace de plonger près de 150 millions de personnes supplémentaire dans la pauvreté d’ici 2021, s’ouvre aujourd’hui à Paris le Sommet Finance en Commun qui réunit près de 450 Banques Publiques de Développement (BPDs) pour discuter de développement durable. La société civile internationale se mobilise au travers d’une déclaration commune, pour que ce sommet constitue une opportunité de questionner le rôle que doivent jouer les BPDs dans l’atteinte des ODD et leur capacité à aborder les défis structuraux qui mènent à de telles crises globales.

Pour cela, il est urgent qu’elles s’engagent à investir les ressources considérables dont elles ont la charge en plaçant l’humain et la réalisation des droits fondamentaux au cœur de leur engagement. Ceci ne sera possible que si les BPDs transforment leur modèle de financement qui priorise aujourd’hui les secteurs les plus rentables, la maximisation des profits, les prêts et la substitution du financement privé sur l’investissement public. Ces modalités de financement qui peinent à prouver leur efficacité dans l’atteinte des ODD, ont des conséquences néfastes sur les économies des pays récipiendaires et leurs capacités à investir dans leur développement ; avant le début de la crise Covid, 46 Etats dépensaient quatre fois plus pour rembourser leur dette que pour développer leurs services sociaux de base. Pis encore, elles mènent trop souvent à la violation des droits humains et à la destruction de l’environnement. 

Comme  nous le recommandons aussi dans notre appel, l’impact des investissements des BPDs doit servir directement le développement de l’accès aux services sociaux de base, leviers essentiels de la réduction des inégalités et piliers de l’éradication de la pauvreté et ce, par l’intermédiaire de dons qui priorisent les économies les moins avancées.

La pandémie de Covid19 n’est pas un hasard ni un évènement isolé, c’est le résultat de problèmes systémiques et structuraux globaux ; il est temps de s’engager durablement pour que les mêmes erreurs ne mènent pas aux mêmes catastrophes.