Conférence à l’Assemblée nationale « La tuberculose et le VIH : quels enjeux pour la sécurité sanitaire mondiale »

 

Les députés Yves Censi et Romain Colas, le modérateur Igor Strauss, Pierre Bergé et Bruno Rivalan
Les députés Yves Censi et Romain Colas, le modérateur Igor Strauss, Pierre Bergé et Bruno Rivalan

Hier soir s’est tenue  la conférence sur les enjeux de sécurité sanitaire en matière de tuberculose et de VIH organisée par Madame et Messieurs les députés Chantal Guittet, Romain Colas et Yves Censi avec le soutien d’Action Santé Mondiale et de Sidaction. Autour de deux tables rondes, les intervenants ont discuté de l’état des lieux et des nouveaux défis posés par les deux épidémies puis de la mise en œuvre de la réponse à ces maladies à travers les politiques publiques et les financements.

 

Le panel d’intervenants était riche en diversité :

Mark Dybul et Pierre Bergé
Mark Dybul et Pierre Bergé
  • la société civile était représentée par Pierre Bergé, Président de Sidaction, Clarisse Loe Loumou, membre du Conseil d’administration d’Action Santé Mondiale et Bruno Rivalan, Directeur France d’Action Santé Mondiale.
  • le gouvernement à travers André Vallini, Secrétaire d’Etat chargé du développement et de la Francophonie
  • les collectivités territoriales à travers Stéphane Troussel, Président du Conseil général de la Seine-Saint-Denis
  • les députés avec Chantal Guittet, Romain Colas et Yves Censi 
  • les patients à travers Boubacar Diallo, patient malien guéri de la tuberculose
  • les organisations internationales à travers Mark Dybul, directeur du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme et Philippe Douste-Blazy, conseiller spécial du secrétaire général des Nations unies, chargé des sources novatrices de financement du développement et président d’Unitaid.

Alors que pour Pierre Bergé « rien n’est gagné », chaque intervenant a rappelé l’importance de remettre les deux pandémies au cœur de la santé mondiale et de continuer la mobilisation politique et financière.

 

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Clarisse Loe Loumou et Igor Strauss

Tous concernés 

Le VIH et la tuberculose sont des pandémies qui ne s’arrêtent pas aux frontières. Le caractère universel des enjeux de sécurité sanitaire qu’ils posent en France comme dans les pays en développement a été souligné par beaucoup d’intervenants.

La tuberculose et le VIH sont présents partout dans le monde, et frappent au premier chef les populations les plus vulnérables, en témoigne l’expérience de Boubacar Diallo ayant contracté la tuberculose alors qu’il vivait dans un foyer de migrants à Saint-Ouen. Stéphane Troussel, quant à lui, a expliqué la situation alarmante de la Seine-Saint-Denis, bien plus touchée par la tuberculose que le reste de la France du fait de ses caractéristiques sociales et économiques.

Les trois députés ont par ailleurs insisté sur le caractère transpartisan de la lutte qui doit mobiliser toute la classe politique.

 

Les moyens financiers et techniques doivent être à la hauteur des enjeux

Pour tous les intervenants, il est tout à fait crucial de créer une volonté politique autour de ces questions dans tous les pays afin que des fonds soient investis dans la recherche, la prévention, le diagnostic et le traitement. Pour trouver suffisamment de ressources, les gouvernements du Nord doivent continuer à s’engager ambitieusement dans la lutte, en augmentant leur aide au développement et en finançant les organismes multilatéraux comme le Fonds mondial ; les pays émergents doivent eux-aussi se mobiliser et il est important de continuer à creuser la voie des financements innovants.

Agir aujourd’hui, c’est économiser des millions d’euros car le coût de l’inaction sera bien supérieur à celui de l’action. Pour Philippe Douste-Blazy, « La santé n’a pas de coût, c’est un investissement ».

 

La France doit retrouver son rôle de leader et maintenir son soutien au Fonds mondial

André Vallini et Igor Strauss
André Vallini et Igor Strauss

Tous les intervenants sont convaincus qu’il est possible d’agir aujourd’hui et que la France doit rester un acteur majeur dans le champ de la santé mondiale et de la lutte contre les grandes pandémies. Malgré la baisse de l’APD ces dernières années André Vallini a assuré que l’engagement pris par François Hollande en août 2015 quant à l’augmentation de l’ADP à hauteur de 4 milliards d’euros sous forme de prêts et de 370 millions d’euros sous forme de dons supplémentaires par an d’ici 2020 serait tenu.

Mark Dybul a rappelé l’importance de la contribution française au Fonds mondial, qu’elle soit financière ou technique. Afin d’atteindre les ODD, le partenariat du Fonds doit rester solide et ce ne sera pas possible si la France ne maintient pas sa position de leader.

Chantal Guittet, membre du Global TB Caucus, a souligné l’importance du rôle des parlementaires en tant que défendeurs du financement du Fonds mondial qui doit être abondé1. Les pays donateurs ne doivent pas baisser les bras malgré les difficultés économiques auxquelles ils font face.

 

 

 

1 Pour la reconstitution de ses ressources pour 2017-2019, le Fonds mondial appelle les membres du partenariat à rassembler 13 milliards de dollars. Action Santé Mondiale demande à la France de maintenir sa contribution de 1,08 milliards d’euros pour cette période, soit 360 millions d’euros par an.