Propositions pour parvenir à un accès mondial équitable aux traitements, vaccins et diagnostics résultant de l’accélérateur ACT

L’accélérateur d’accès aux outils COVID-19 a été conçu par l’Organisation Mondiale de la Santé, des gouvernements et des acteurs de la santé mondial comme un « partenariat inédit et inclusif » pour apporter des réponses aux défis posés par l’urgence du Covid-19, le développement et la fourniture des traitements, vaccins et diagnostics nécessaires.

Afin d’atteindre cet objectif, le partenariat ACT-A devra rechercher et trouver des solutions équitables à plusieurs défis : du besoin imminent de développer, tester et produit des outils efficaces de financements et de fixation des prix, à la mise à l’échelle des capacités de production afin de répondre à la demande mondiale, en passant par l’organisation des chaînes d’approvisionnement pour garantir que les produits de santé soient distribués de manière équitable et qu’ils soient rendus disponible à tous, notamment aux plus vulnérables, dans tous les pays, sans coût supplémentaire sur les points de prise en charge.

Toutes les technologies sanitaires développées et financées dans le cadre de l’ACT-A doivent être rendus accessibles financièrement et disponibles à l’échelle mondiale par le biais de mesures adéquates de gouvernance, de prise de décision et d’accords de financement. Il est fondamental que toutes les activités et résultats obtenus aient une portée mondiale, quelque soient les bailleurs et les partenaires impliquées, et qu’ils soient motivés par des principes d’accès équitable. Tous les accords de financement doivent intégrer des garanties spécifiques en lien avec l’accessibilité géographique et financière des produits sanitaires Covid-19 ainsi qu’en matière de transparence sur l’utilisation des dits fonds.

Cette note rédigée dans le cadre de l’Alliance européenne pour une R&D responsable et des médicaments abordables et signée par plus de 70 organisations, présente les principes et les pratiques qui devraient être mis en œuvre dans le cadre de l’ACT-A afin de maximiser l’effort collectif pour garantir un impact sanitaire mondial maximal et une portée équitable. Plus précisément, le partenariat ACT-A devrait :

• mettre en œuvre une transparence totale et garantir la responsabilité publique, de la définition des priorités aux garanties de livraiso

• œuvrer à faire de ces produits des biens publics communs

• garantir une production adéquate et une répartition équitable à l’échelle mondiale

• veiller à ce que les outils de santé COVID-19 soient abordables pour les payeurs de soins de santé et gratuits pour le public aux points de service dans tous les pays

• garantir la bonne coordination entre les initiatives

 

Retrouvez les propositions complètes en français et en anglais. 

 

International Development and the next EU Budget : An analysis of the European Commission’s proposals on EFSD and EFSD+ in the revised NDICI and Next Generation EU

Noting the special challenges of the COVID-19 global pandemic, GHA welcomes the “Next Generation EU” recovery package, and the revised 7 year budget proposal, which together show an increase to external action funding.

While increased funding to external action – despite the difficult economic situation across the EU’s Member States – shows the EU’s determination to be seen as a leader in the international response to COVID-19, the details of this proposal will determine the quality of that leadership.

Together with a number of other civil society organisations, GHA has published an open letter analyzing “Next Generation EU” package and outlining some key concerns. You can read the full letter here.

The “Next Generation EU” package brings an additional €10.5 billion to the External Action Guarantee (EAG) to be spent by 2024 to guarantee loans for the private and the public sector, with the objective of guaranteeing up to €130 billion over the 2021-2027 period (double the initial target of €60 billion, as stated in the NDICI proposal). Considering the deadline for spending the 10.5 billion in the Next Generation EU must be spent by 2024, GHA believes 130 billion of guarantees is an unrealistic target which risks a lowering in selection criteria and quality checks in order to meet the deadline of 2024.

Furthermore, considering the European Commissions’ own EFSD Implementation Report, and the recent evaluation carried out by external actors, GHA does not consider the justification for scaling up the EFSD guarantee model to be sound. Thus, we suggest abiding by the EP’s suggested 10 billion capped budget line  within the NDICI for guarantees, and awaiting the 2024 mid- term review to determine whether additional funding should be earmarked to the instrument.

Read our full recommendations about priority sectors for ODA, financing modalities, transparency, and accountability here.

 

Ni compétition entre États ni course aux profits : ce que le président Macron doit dire à Sanofi et aux autres géants pharmaceutiques

16 juin 2020

Aujourd’hui, Emmanuel Macron se rend dans une usine de Sanofi “pour soutenir la recherche et la production de vaccins” contre la Covid-19 puis tiendra une visioconférence avec les représentant.e.s des laboratoires privés.

Un mois, presque jour pour jour, après les déclarations du PDG international de Sanofi qui avaient créé le scandale en France, nos associations attendent du Président de la République un dialogue ferme et exigeant avec les grands groupes pharmaceutiques. Les ONG demandent au Président de concrétiser son engagement international en faveur de l’accès universel au vaccin afin de s’assurer que son développement, sa production et sa distribution soient guidés par l’intérêt général et non pas le profit de ces industries.

Le réflexe nationaliste est bien la dernière des choses dont nous avons besoin

Le 4 mai, Emmanuel Macron s’est engagé à ce que le vaccin contre la Covid-19 soit un bien public mondial dès le jour où il sera développé. Mais lorsque le vaccin sera disponible, les paroles politiques ne seront plus suffisantes. “Toutes les vies méritent d’être sauvées. Le réflexe nationaliste est bien la dernière des choses dont nous avons besoin pour réaliser le défi d’un vaccin accessible à tous. Au contraire, une coopération mondiale fondée sur l’impératif de solidarité entre les nations doit être affirmée par le président” demande Elise Rodriguez de l’ONG Action Santé Mondiale.

Les rencontres d’aujourd’hui s’inscrivent dans l’âpre compétition pour l’accès au matériel de protection et de prise en charge du Covid-19 et dans les tentatives de « nationalisme vaccinal » dont plusieurs pays ont fait preuve depuis le début de l’épidémie :

  • L’Alliance inclusive pour le vaccin, initiative crée par la France, l’Allemagne, les Pays-Bas et l’Italie pour assurer un accès préférentiel en Europe aux futurs vaccins anti-Covid, a annoncé le 13 juin la signature d’un accord de principe avec le laboratoire AstraZeneca pour 400 millions de doses de vaccin à prix coûtant pour les pays de l’Alliance. Ces doses seront alors réservées en priorité pour les populations européennes posant la question de l’accès à des doses en nombre suffisant et à prix abordable pour les autres pays.
  • Il y a un mois, Sanofi s’engageait à donner un accès préférentiel aux Etats-Unis à son futur vaccin puisqu’ils avaient investi le plus financièrement.

“Aujourd’hui le Président doit poser des conditions claires à Sanofi et aux grands groupes pharmaceutiques pour réellement faire du futur vaccin un « bien public mondial ». Sans conditionnalité des financements publics à la recherche et au développement, notamment à la mise en commun des savoirs et des brevets, les grands groupes pourront fixer des prix élevés pour le futur vaccin et priver son accès à des millions de personnes. Les mots ne suffisent plus, il faut fixer des règles du jeu claires faisant primer l’intérêt général et le bien commun sur les profits des grandes industries pharmaceutiques”, déclare Sandra Lhote-Fernandes de l’ONG Oxfam.

“Il s’écoule généralement sept ans entre le moment où un vaccin est homologué pour la première fois et celui où les pays en développement y ont finalement accès. Le statut quo actuel ne fonctionnera pas. Si la Covid-19 continue de se propager, peu importe où, il redevient une menace pour toutes et tous, et nous ne pouvons pas attendre sept ans pour sortir de cette crise”, déclare Maé Kurkjian de l’ONG ONE.

La semaine dernière, nos associations ont écrit au Président de la République proposant des conditions simples pour concrétiser son engagement en faveur d’un bien public mondial :

  • Garantir que le prix du futur vaccin soit abordable pour tous les pays en conditionnant les financements publics investis dans la recherche et le développement à des garanties d’accessibilité en termes de prix, ainsi que sur le partage des données et des savoir-faire développés.

  • S’assurer que les laboratoires, y compris privés, mettent en commun et à la disposition de tous, les brevets et les technologies développés dans la lutte contre la Covid-19.

  • Demander aux laboratoires, y compris privés, de négocier des accords de transfert de technologie transparents avec les producteurs d’autres régions, notamment des pays du sud, pour préparer et accroître la capacité mondiale de fabrication, et ainsi accélérer la disponibilité mondiale de ces futures technologies de santé.

  • S’assurer que la distribution de vaccins dans les pays les plus pauvres s’accompagne de l’augmentation des financements de l’aide internationale allouée au renforcement des systèmes de santé.

Crédits image : Ludovic MARIN / POOL / AFP

Communiqué : deux rapports démontrent comment l’industrie contrôle l’usage de milliards de fonds européens pour la recherche et néglige l’intérêt public

Au cours des 15 dernières années, les groupes de lobbying industriel ont contrôlé l’utilisation de 3,6 milliards d’euros de fonds publics européens pour la recherche sur la santé et le climat par le biais de deux partenariats public-privé (PPP), au détriment de l’intérêt public. Ces groupes de pression ont empêché ces partenariats d’investir de manière significative dans des projets de recherche portant sur des défis sociétaux tels que la préparation aux épidémies ou des solutions climatiques viables. L’industrie a plutôt utilisé ce budget pour faire financer des recherches dans des domaines plus rentables sur le plan commercial, et fait maintenant pression pour que ces partenariats soient renouvelés sous une forme comparable dans le prochain budget de l’UE, dans le cadre du programme de recherche de l’UE “Horizon Europe” (2021-2027), avec le soutien de la DG Recherche et innovation de la Commission européenne.

Deux rapports intitulés “Au nom de l’innovation” ont été publiés lundi 25 mai 2020 par les ONG Action Santé Mondiale (GHA) et Corporate Europe Observatory (CEO). Ils examinent deux partenariats public-privé (PPP) de recherche entre la Commission européenne et des groupes de pression industriels : l’Entreprise Commune pour l’Initiative en matière de Médicaments Innovants (IMI) et l’Entreprise Commune pour les Industries Bio-Basées (BBI) :

« Plus privé que public : comment les grandes entreprises pharmaceutiques dominent l’Initiative pour les médicaments innovants (IMI) »: Au nom de l’innovation dans la recherche en santé, l’industrie pharmaceutique, représentée par l’EFPIA (Fédération Européenne des Industries et Associations Pharmaceutiques), a contrôlé l’usage de 2,6 milliards d’euros de fonds publics de recherche entre 2008 et 2020, ceux mis à la disposition de l’IMI. Mais elle n’a jusqu’à présent pas réellement investi dans des domaines de recherche où le financement public était urgemment nécessaire, comme la préparation à long-terme aux risques d’épidémies (y compris celles causées par les coronavirus), le VIH/sida, les maladies liées à la pauvreté ou négligées. L’industrie pharmaceutique a plutôt utilisé ce budget pour financer des recherches dans des domaines plus rentables sur le plan commercial.

« Research & Destroy : Research & Destroy : les usines de la bioéconomie industrielle menacent le climat et la biodiversité » : Le BBI est un PPP entre des groupes de lobbying représentant les industries de l’agroalimentaire, les industries forestières, de biotechnologie, de la chimie et des combustibles fossiles, et la DG Recherche et Innovation de la Commission européenne. Son objectif est de contribuer à la mise en place d’une “économie durable à faible intensité carbone”. Dans ce partenariat, établi en 2014 pour dix ans, le secteur public a apporté un budget de 975 millions d’euros, tandis que le secteur privé a surtout apporté des ressources en nature. L’industrie a défini les priorités de recherche du  partenariat et rédigé chacun de ses plans de travail annuels. L’objectif principal du BBI est de construire des “bioraffineries” et de développer de nouvelles technologies pour traiter des quantités illimitées de biomasse extraite des forêts et des sols, menaçant leur rôle de puits de carbone et menaçant la biodiversité et l’approvisionnement alimentaire.

La raison d’être de ces partenariats était de remédier à des défaillances de marché, en l’occurence en matière de développement de médicaments et de lutte contre le changement climatique. Les fonds publics de recherche devaient aider à développer des innovations pour répondre à ces besoins, ainsi qu’à renforcer la compétitivité de l’industrie. Pourtant, les rapports publiés aujourd’hui montrent que ces partenariats échouent sur ces deux plans.

Les technologies et les produits financés par ces partenariats profitent avant tout aux entreprises concernées. Les résultats de la recherche sont souvent privatisés. Et les impacts – sur la santé publique, l’environnement – sont à peine évalués. Les objectifs d’intérêt public sont souvent délaissés au profit de priorités d’entreprises rentables, alors que même les éléments attestant de gains de compétitivité au-delà des entreprises spécifiques concernées sont limités.

En effet, les grandes entreprises impliquées dans ces PPP semblent les utiliser pour faire faire leur recherche et développement par des universités publiques et des petites et moyennes entreprises (PME), ces dernières étant subventionnées par les contribuables européens. Plusieurs projets financés par le BBI, portant par exemple sur l’utilisation de plantes pour la production de plus de plastiques, de produits chimiques ou d’énergie, alimentent en fait la déforestation et nuisent au climat et à la biodiversité.

Entre-temps, le programme de recherche de l’IMI est déséquilibré au profit de domaines qui étaient déjà rentables pour l’industrie, au détriment de la recherche sur la préparation à long terme aux épidémies, dont le besoin est urgent, ou sur les médicaments vitaux contre le VIH/sida et les maladies liées à la pauvreté. Il a fallu le déclenchement de la pandémie COVID-19 et l’octroi soudain de fonds publics considérables pour que l’IMI commence à travailler sérieusement sur cette question. Le rapport montre également comment l’industrie pharmaceutique s’était précédemment opposée à ce que la préparation épidémiologique fasse partie des priorités de l’IMI.

Plusieurs projets de « recherche » financés dans le cadre de ces partenariats appuient en réalité le lobbying et les relations publiques de ces entreprises, en proposant des modifications de la législation en vigueur afin de la rendre plus favorable aux intérêts de l’industrie, ou encore en finançant des activités de relations publiques visant l’amélioration de la réputation de certains produits développés. En outre, alors que l’UE fournit des fonds alors que l’industrie ne fournit pour l’essentiel que des contributions en nature, les entreprises concernées ne tiennent guère leurs engagements : dans le cadre du BBI, les partenaires industriels n’ont apporté que 3 % de leurs contributions en espèces et 3,7 % de leurs contributions en nature vérifiables prévues.

La conception initiale de ces partenariats souffre de défauts qui permettent aux groupes de lobbying industriel de contrôler leur programme de recherche. Les cadres d’évaluation et de contrôle sont inadéquats. Mais la DG Recherche et Innovation de la Commission européenne – qui est censée défendre l’intérêt public dans ces partenariats – les soutient toujours et souhaite même les renouveler dans le prochain programme-cadre de recherche de l’UE, Horizon Europe (2021-2027).

Les États membres de l’UE et la Commission européenne négocient actuellement le budget de l’UE pour 2021-2027, qui inclut Horizon Europe, et le résultat de ces négociations est crucial pour l’avenir de ces partenariats. L’industrie fait actuellement pression pour que l’IMI, le BBI et les autres partenariats soient renouvelés dans le cadre d’Horizon Europe. Est-ce la meilleure utilisation possible des rares fonds publics consacrés à la recherche ?

« Nos résultats ne sont pas tant le résultat d’abus de la part de l’industrie, même si l’on en trouve, que la conséquence logique de la manière dont ces partenariats ont été mis en place. La DG Recherche et innovation de la Commission européenne et les gouvernements de l’UE ne doivent pas renouveler ces “partenariats” dysfonctionnels où les programmes de recherche sont décidés par l’industrie. Ce qui est en jeu ici n’est rien de moins que le détournement, par le secteur privé, de pans entiers des politiques et des budgets de l’UE consacrés à la recherche, aux dépens des besoins collectifs, notre santé et la santé de notre planète. Le financement public de la recherche est un investissement précieux et stratégique pour la production de connaissances pour l’avenir. En ces temps de crises multiples, de la pandémie COVID-19 au changement climatique, cette question est plus importante que jamais. Il est grand temps que la politique de recherche de l’UE reçoive l’attention politique et les débats qu’elle mérite » explique Martin Pigeon, chercheur au Corporate Europe Observatory.

« On peut se demander si ces deux partenariats public-privé peuvent être considérés comme de véritables « partenariats ». L’IMI visait à « améliorer la santé publique en accélérant le développement de médicaments innovants et en les rendant accessibles pour les patients » – en se concentrant notamment sur des problématiques de santé qui ne bénéficient spontanément pas des financements nécessaires. Mais, douze ans et 2,6 milliards d’euros de fonds publics plus tard, les éléments allant dans le sens d’une réussite sont très limités. Ce modèle de partenariat de recherche déséquilibré, qui ne profite qu’à quelques-uns, doit être réformé très sérieusement s’il veut servir l’intérêt public. Il nous faut dédier cet argent public, si précieux, à de meilleures utilisations » déclare Marine Ejuryan, d’Action Santé Mondiale.

Lire le résumé exécutif

Pour plus d’informations ou d’éventuelles demandes d’interviews, contactez :

Marine Ejuryan (Global Health Advocates) mejuryan@ghadvocates.org
Martin Pigeon (Corporate Europe Observatory) martin@corporateeurope.org
Hélène Gombert (Global Health Advocates) hgombert@ghadvocates.org

Reaction: The EU continues its support for global health

On June 4th, 2020, the UK hosted the replenishment of Gavi, the Vaccine Alliance, providing an the international community to realign with the ambitions of Agenda 2030 by scaling up immunisation efforts and “reaching those furthest behind”. In light of the COVID-19 epidemic, and considering the aspiration of SDG3 to achieving healthy lives and promoting well-being for all,  now, more than ever, it is clear that ensuring affordable and equitable access to life-saving immunization services is of the utmost importance. That’s why we welcome the European Union’s ambitious pledge of 300 million euros.

Bringing together nearly 50 countries, the replenishment conference surpassed their goal of 7.4 billion and raised a total of 8.8 billion dollars for Gavi’s 2021-2025 cycle, an amount which will allow the alliance to achieve the targets outlined in its investment plan, and reach 300 million more children, saving an additional 7-8 million lives.

This funding will be crucial in light of the COVID-19 epidemic, which has disrupted routine immunisation services and created a new urgency for ensuring any future vaccines or treatments are equitably distributed – something Gavi is uniquely positioned to accomplish. With this new funding, Gavi will not only be about to ensure the continuation of routine immunization efforts that save lives, but catch up on delays. They will also be essential to help strengthen the health systems of countries, allowing them to better absorb shocks like the current crisis.

It is clear that Gavi’s actions on COVID-19 will push their budgetary needs above their initial calculation of $ 7.4 billion. For this reason, Gavi has announced the launch of an advanced market commitment for COVID-19 vaccines, which will accelerate the production and availability of vaccines against the disease at Covid-19. While we welcome this initiative, we stress that it must be accompanied by an inclusive governance structure, ensuring the participation of civil society and beneficiary countries, as well as a robust accountability and transparency framework. In addition, strict conditions on vaccine prices must be negotiated with pharmaceutical partners and intellectual property regulations must be adopted. The EU should support its Member States, like France, and show a strong political commitment to ensuring any future COVID-19 vaccine becomes a “global public good” that is equitably distributed.

Communiqué de presse : “Conférence de reconstitution de Gavi, l’Alliance du Vaccin : la France participera à sauver 8 millions de vies d’ici 2025”

Paris, 4 juin 2020  

Ce jeudi 4 juin 2020, s’est tenue la conférence virtuelle de reconstitution des ressources de Gavi, l’Alliance du vaccin, présidée par le Royaume-Uni. Cette année, plus que jamais, ce sommet revêt une importance particulière, alors que la pandémie actuelle de Covid-19 fait peser d’importantes inquiétudes dans les pays les plus pauvres sur l’accès des enfants aux services de vaccination vitaux. 

Nous nous félicitons de l’annonce du président Emmanuel Macron, de consacrer 250 millions d’euros additionnels en faveur de Gavi pour ses programmes en 2021-2025. Cette contribution permettra de participer à la vaccination de plus de 300 millions d’enfants dans 68 pays à faible revenu et de sauver près de 8 millions de vies d’ici 2025. Nous nous réjouissons également de l’annonce d’une contribution additionnelle de 100 millions d’euros lorsqu’un vaccin contre le Covid-19 sera disponible, afin d’en assurer le déploiement à un prix abordable. Ce faisant, la France réaffirme son leadership en matière de santé mondiale.

L’ensemble des financements levés aujourd’hui sera crucial pour assurer le maintien de la vaccination de routine et pour rattraper les retards accumulés des programmes de vaccination suite à la pandémie de Covid-19. Ils seront également indispensables pour contribuer au renforcement des systèmes de santé afin qu’ils puissent absorber les chocs de la crise actuelle en maintenant les services de santé essentiels, et pour préparer un déploiement du futur vaccin contre le Covid-19.  

Mais pour sortir durablement de la crise du Covid-19, des moyens financiers additionnels seront nécessaires pour développer le vaccin et le distribuer de manière équitable dans les pays les plus pauvres, auprès des populations les plus vulnérables. 

Gavi a donc aujourd’hui annoncé le lancement d’une garantie de marché, la Covid-19 Vaccine Global Access (COVAX) Facility, qui permettra d’accélérer la production et le déploiement des vaccins contre le Covid-19. Nous rappelons cependant que cette initiative, ainsi que les financements français, doivent s’accompagner de strictes conditionnalités sur les prix du vaccin négociés avec les partenaires pharmaceutiques et sur les questions de propriété intellectuelle, et de mesures de soutien pour la mise en place de systèmes nationaux de fourniture de vaccins.

La prochaine étape du financement pour la réponse internationale au Covid-19 aura lieu le 27 juin, sous l’égide de la Commission européenne. La France, faisant partie des États qui portent un engagement politique fort pour voir le futur vaccin contre la maladie de Covid-19 devenir un « bien public mondial » devra montrer l’exemple en annonçant des financements supplémentaires, et en attachant des conditions strictes à ses financements en faveur du développement et du déploiement du futur vaccin, afin d’en assurer un accès équitable. 

 

Notes aux éditeurs

Gavi, l’Alliance du vaccin est une organisation internationale créée en 2000 prenant la forme d’un partenariat entre les secteurs public et privé, autour des enjeux de vaccination. Elle a pour ambition d’accélérer et d’améliorer l’accès des enfants à la vaccination contre des maladies infectieuses mortelles dans les pays les plus pauvres. Jusqu’à aujourd’hui, Gavi a permis de vacciner plus de 760 millions d’enfants et d’éviter plus de 13 millions de décès. En tant que 5e contributrice souveraine de l’Alliance, la France fait partie des principaux donateurs.

Cette année, Gavi mobilise les ressources de ses donateurs pour ses programmes de 2021-2025. En janvier 2020, le plan d’investissement de Gavi a estimé à au moins 7,4 milliards de dollars le montant nécessaire à atteindre pour réaliser son objectif de vacciner 300 millions d’enfants et sauver entre 7 et 8 millions de vies sur le prochain cycle 2021-2025.

Pour sa réponse au Covid-19 – qui n’est pas incluse dans le plan d’investissement présenté en janvier 2020 – Gavi a lancé une garantie de marché pour accélérer la production et la distribution du vaccin contre le Covid-19, une fois disponible. Cette initiative est très importante pour assurer un accès au vaccin équitable pour tous et toutes dans tous les pays mais nous rappelons que sa mise en oeuvre doit s’accompagner d’une gouvernance inclusive permettant la participation de la société civile et des pays bénéficiaires ainsi qu’un engagement communautaire et se doter de mécanismes de redevabilité et de transparence robustes.

 

 

 

Contacts Presse:

Charlotte Grignard
Media manager – ONE
Charlotte.grignard@one.org
+33622410041

Hélène Gombert
Chargée de campagne- Action Santé Mondiale
hgombert@ghadvocates.org
+33627634213

Maud Saheb
Responsable Communication Campagnes/Communication manager – UNICEF France
msaheb@unicef.fr
+336 83 99 05 67

Friederike Röder
Directrice pour l’Union européenne – Global Citizen
friederike.roder@globalpovertyproject.com
+33786058478

 

Unkept promises on flucytosine : EU research funds for helping people living with HIV in Africa so far appear to have only helped Sanofi’s profits

This article is an updated version of a case study contained in the report “More Private than Public – The ways Big Pharma dominates the Innovative Medicines Initiative” (IMI), part of our series “In the Name of Innovation – Industry controls billions in EU research funding, de-prioritises the public interest”.

The Innovative Medicines Initiative (IMI) is a large-scale public-private partnership – with €2.6 billion of public money – between the European Commission and the pharmaceutical industry lobby group EFPIA (European Federation of Pharmaceutical Industries and Associations). While its stated aim is to “improve health by speeding up the development of, and patient access to, innovative medicines”, IMI embodies a model by which the public sector foots a large part of the bill, while the private sector is able to set the pharmaceutical research agenda in its own interests – and reap the rewards.

So when IMI says the results of one of its research projects – CHEM21, which received almost € 10 million in EU public research funding – is “expected to decrease drastically costs of production” of an anti-fungal drug, flucytosine, “and so make the medicine more affordable for the many people with HIV/AIDS who live in low income countries,” it’s worth digging deeper. Because so far, while a pharmaceutical corporation seems to control key parts of the intellectual property for the process resulting from this IMI project, a process that enables the cheaper production of other, more profitable drugs, flucytosine is not being manufactured with it and remains out of reach for millions of people living with HIV/AIDS.

The first public-private partnership, IMI, ran from 2008-2013, and was renewed as IMI2 to run from 2014-2020. IMI is up for renewal again in 2020, with plans to shift its focus to digital health. One of the projects funded by IMI, “Chemical Manufacturing Methods for the 21st Century Pharmaceutical Industries” (CHEM21), is a project focusing on making “the drug development process more environmentally friendly,” which it claims will “help the pharmaceutical industry to cut costs, resulting in cheaper medicines for patients”. CHEM21, which ended in June 2017, was coordinated by the pharmaceutical company GSK and ran several projects including the development of a “new, more efficient way” of producing a drug known as flucytosine.

Flucytosine is a 60 year old medicine, and was once used for cancer treatment but it is also a critical anti-fungal medicine for the treatment of cryptococcal meningitis, one of the main causes of death among people with HIV. An estimated 181,000 AIDS deaths each year are due to cryptococcal meningitis, and medical NGO MSF states that combining flucytosine with other drugs “could cut cryptococcal meningitis death rates from 70 per cent in low income countries to less than half”. Flucytosine is on the World Health Organization’s List of Essential Medicines, which lists the safest and most effective medicines for health systems.

However, flucytosine is not available in most of Asia and Africa. In sub-Saharan Africa, where flucytosine is largely absent, the death rate is much as 70 per cent, a figure comparable to Ebola: as one reporter puts it “where the need is greatest, flucytosine remains entirely out of reach”. A 2013 Lancet article on access to cryptococcal meningitis treatments noted that “the main barriers to access to flucytosine include absence of drug registration and generic drug manufacturing in low-income and middle-income countries”.

Pharmaceutical corporations have not registered the treatment in high-burden countries that cannot pay the exorbitant prices charged by US corporations

MSF has been campaigning for registration of affordable flucytosine for several years (the registration of medicines is “the process by which a national regulatory authority approves the use of a medicine in a country, having considered evidence of the Medicine’s safety, quality and efficacy. It is thus primarily concerned with protecting public health”). They argue similarly that “pharmaceutical corporations have not registered the treatment in high-burden countries that are not able to pay the exorbitant prices charged by US corporations”. Indeed, while the medicine has been for sale on the global market for over 60 years, the price has significantly gone up in recent years. While a decade ago the product was for sale in the US for $6 per day, in mid-2018, the product was for sale in the US at a price of $2000 per day, 100 times more expensive than in Europe.

While a generic version of flucytosine has been approved, generic pharmaceutical company Mylan obtained the license in 2016 and, according to MSF, “promptly doubled the price”. The generic price of flucytosine is approximately US$120 for a week-long course, and while be significantly lower than the previous on-patent price, MSF points out that flucytosine is still “unaffordable and unavailable to most people in need” and has urged the company to “prioritize its registration more broadly in low- and middle-income countries”.

Thus one of the activities of IMI’s CHEM21 project was to design a new, “more environmentally friendly” production method that would “drastically decrease” the manufacturing costs of flucytosine, explicitly stating that this would “make the medicine more affordable for the many people with HIV / AIDS who live in low income countries”.

In theory this is a valuable endeavour, all the more so given that the new production process also produces less pharmaceutical waste. The key participants in the project were the  University of Durham, which originally developed and patented the new process (and received €152.5053 from the EU under CHEM21), and pharmaceutical company and EFPIA member Sanofi.

Sanofi contracted out French group MEPI (Maison Européenne des Procédés Innovants) to develop a commercial-scale version of the process to produce the drug, which was successfully achieved by early 2017 (the proven production rate was 1kg per day but the authors stated that their approach could easily be upscaled by a factor 30 to 50).

Neither Sanofi nor any company seem to have started manufacturing flucytosine with this new method

Pierre Meulien, the Executive Director of IMI, said: “This is an excellent example of how through IMI, universities and pharmaceutical companies can work together to deliver a promising discovery that addresses an unmet medical need, and then rapidly progress it to a larger scale.”

Except the “rapid progress” seems to have slowed to a halt after the project ended. Neither Sanofi nor any company seem to have started manufacturing flucytosine with this new method. According to sources familiar with the project, Sanofi is now controlling the intellectual property (IP) for the upscaled manufacturing process and is likely to have entered into an IP transfer agreement with Durham about the original process. Sanofi did not respond to our repeated questions to clarify this (nor to new questions sent before the publication of this case study) and Durham refused to comment on this point, citing confidentiality issues.

The University told us that “Durham owns some of the IP arising out of the project, which we have patented but not yet licensed. We are active in looking for ways to ensure this technology is used. We have been in discussion with a number of potential licensees in a number of sectors. [Durham also told CEO and GHA in February 2020 that to their knowledge the pharmaceutical company Mylan, the main manufacturer of the drug today, was not among these]. We are interested in using this technology for both commercial and social responsibility purposes (for example in low and middle income countries).”

Two years later, a Sanofi factsheet merely notes that a technology transfer “would be proposed” to the South African company Inicio/Pelchem, which specialises in fluor-based compounds thanks to abundant local resources (Fluor gas is a precursor to flucytosine in this process). Yet we could not find any evidence that discussions between these two companies even started (neither of the two companies replied to our questions).

What happened?

For the University of Durham, this was part of a longer-term project on the use of the application of fluorine gas in industry, and is touted as one of their “successful knowledge transfer partnerships with industry”. A Durham professor and his research group even received the 2018 AstraZeneca, GlaxoSmithKline (GSK), Pfizer and Syngenta Prize for Process Chemistry Research for this project on behalf of the Durham Fluorine Group, an award given to “chemistry that has the potential to be of relevance to large scale manufacturing”.

Universities make a significant amount of their income from the transfer or sale of licenses to industry to commercialise the results of their research. Public health NGOs advocate for universities to implement ‘socially responsible licensing’ to ensure that such knowledge transfers come with conditions to ensure access to the results, especially for low income countries. Durham however does not appear to have a policy of using socially equitable licensing, nor the European Commission requires or encourages the use of it or other forms of public-interest driven licensing as a condition for IMI or any other EU biomedical R&I projects (with the exception of a latest call for COVID-19 projects – not for medicines or vaccines though – issued on 19 May 2020 under the EU research programme Horizon 2020, which includes “an obligation to license on a non-exclusive basis and at fair and reasonable conditions”)

The CHEM21 project page notes that the patented process, with its efficiency gains and potential cost-savings, can also be applied to capecitabine, an off-patent cancer drug which Sanofi does sell, and emtricitabine, a commonly used HIV treatment also sold by Sanofi in one of its drugs, brand name Atripla. This raises the question of whether this project – advertised as rescuing the poor – will one day result in any additional supply of affordable flucytosine? In particular whether it will – as IMI claimed – help put the drug in reach for people living with HIV/AIDS in low-income countries? Or whether instead it has merely provided Sanofi with a handy – and publicly-funded – cheaper process in the production of two of its existing medicines?

Meanwhile, people with HIV/AIDS keep dying in Africa for lack of access to flucytosine. International global health organisations like UNITAID are trying to help by buying the drug from generic manufacturers. And MSF’s campaign to push Mylan to register flucytosine in African countries seems at least to have delivered some results: according to an email they sent CEO in February 2020, Mylan has just moved the manufacturing site to India to reduce flucytosine production costs, and finally filed to register the medicine in South Africa in December 2019 and with WHO Pre-Qualification(PQ). It took time, but thanks to public pressure, and not the new production method developed by CHEM21 with EU funding, things seem to be finally moving a bit in the right direction. But will Mylan also register flucytosine in more, and lower income, African countries?

A couple of observations can already be made.

First of all, necessary safeguards – which ought to have been set by IMI – would have been needed to ensure that any lower production costs are reflected in a drop in the price of the end product. Otherwise, the efficiency gains obtained with public funding only end up boosting the profits of the company owning the rights. The IMI project does not spell out how efficiency gains in production cost will translate into lower prices for patients and healthcare systems.

It is unlikely that the IMI successor, to be called “European Partnership for Health Innovation” will put in place the much-needed safeguards for affordability and accessibility given that, according to IMI internal documents obtained by Global Health Advocates, the pharmaceutical trade association and lobby group EFPIA is in the driving seat to write the agenda.

Second, increasing patient access to affordable flucytosine was a commendable goal. Yet IMI appears not to have sufficiently grasped the factors that hindered patient access to affordable flucytosine, such as the absence of drug registration and generic drug manufacturing in low-income and middle-income countries. Pfizer, another EFPIA member, after being submitted to strong public pressure, has been providing a related (but weaker) antifungal medicine for free to developing countries for many years. This suggests that companies can be pushed to prioritise the public interest where it is most needed… And that IMI is not a structure doing this.

Third, although this was a project run with taxpayers’ money it has been impossible to access key information about the fate of its results. The intellectual property has been privatised.

Meanwhile, this particular CHEM21 project – advertised as rescuing the poor – has not yet resulted in a supply of affordable drug for people living with HIV/AIDS in low income countries. But the results of this publicly funded project have already provided Sanofi with a cheaper way to produce two of its existing medicines. Asked by Politico Europe to comment on the findings of this investigation, an IMI spokesperson “acknowledged that there’s not much it can do if companies don’t follow through” and commented that “projects are not obliged to report to us in the long term after the end of the project,” which made it “very hard to follow up on long-term impacts.”

Read the full investigation here.

Read the Executive Summary : English – French – Spanish – German

Tribune – Les acteur·ice·s de la santé demandent à la France d’investir dans la vaccination des enfants

Tribune – 29 mai 2020

Dans de nombreux pays, le « monde d’après » la crise du Covid-19 se dessine, se débat, se conteste. Alors que cette pandémie a remis en cause de nombreuses convictions, et ébranlé la croyance de nombreux pays – y compris la France – en leur capacité à absorber les chocs, il est une certitude qui doit être réaffirmée : la vaccination est l’un des moyens les plus efficaces pour prévenir les maladies infectieuses.

Il aura fallu cette crise pour rappeler l’importance de renforcer les systèmes de santé et le besoin d’une coopération mondiale en matière de recherche et développement. Malgré cette prise de conscience, il reste un danger plus insidieux, celui d’ignorer qu’il existe d’autres maladies tout aussi dangereuses, voire mortelles, telles que la rougeole, la diphtérie ou la poliomyélite, qui requièrent également toute notre attention.

117 millions d’enfants risquent de ne pas être vaccinés contre la rougeole du fait de l’arrêt des vaccinations de routine

Nous, acteur·ice·s et expert·e·s de la santé infantile, issu·e·s du monde associatif, de la communauté scientifique, pédiatrique ou encore des communautés touchées, nous alarmons face au danger que la crise actuelle fait peser sur l’accès aux services de vaccination vitaux, exposant ainsi les enfants à ces maladies évitables. Nous observons d’importants retards voire une suspension des services de vaccination, notamment à cause des mesures sanitaires et de confinement mises en place par les pays, à cause de difficultés d’approvisionnement en vaccins, ou encore parce que les ressources financières et humaines sont souvent entièrement mobilisées dans la lutte contre le Covid-19.

Aujourd’hui ce sont 117 millions d’enfants qui risquent de ne pas être vaccinés contre la rougeole du fait de l’arrêt des vaccinations de routine. Dix millions d’enfants âgés de moins de cinq ans risquent de ne pas être vaccinés contre la polio. Au rythme actuel, plusieurs pays feront donc face à une double peine avec le risque que d’autres flambées épidémiques fassent suite à celle du Covid-19. Les retards observés aujourd’hui seront impossibles à rattraper demain sans assurer la continuité des services de santé vitaux – autant de retards qui impacteront les enfants et nos générations futures.

Aujourd’hui, il est donc crucial d’assurer le maintien des programmes de vaccination en cours mais également de mieux construire le monde de demain, et celui d’après-demain.

Le futur vaccin contre le Covid-19 fait partie intégrante de la solution à cette crise sanitaire. Jamais encore nous n’avions été témoins d’une telle mobilisation politique doublée d’une telle émulation scientifique au service d’une découverte collective. Mais pour faire face de manière efficace à cette pandémie, le futur vaccin devra être accessible à tou·te·s notamment pour les populations les plus vulnérables et les pays les plus pauvres. Il devra donc être déployé partout de manière équitable et jusque dans les centres de santé les plus reculés pour bénéficier à toutes les populations. Le Président Emmanuel Macron a d’ailleurs rappelé, lors de la 73e Assemblée mondiale de la santé, sa volonté de voir le futur vaccin contre la Covid-19 devenir un « bien public mondial ».

Gavi, l’Alliance du Vaccin, joue un rôle crucial aujourd’hui pour lutter contre la résurgence d’autres maladies infectieuses et sera central pour favoriser une distribution équitable du futur vaccin dans les pays les plus pauvres et son déploiement auprès des populations les plus vulnérables. Elle joue également un rôle fondamental pour renforcer les systèmes de santé afin qu’ils puissent absorber des chocs de l’ampleur de la crise actuelle tout en assurant le maintien des services de santé essentiels dont la vaccination de routine.

Le 4 juin prochain, Gavi tient sa conférence de financement afin de mobiliser 7,4 milliards de dollars pour assurer son travail vital jusqu’en 2025. Pourtant, à cinq jours de cette échéance, la France n’a toujours pas annoncé sa contribution à l’Alliance pour participer à sauver 7 millions de vies dans les cinq prochaines années.

En tant que leader historique dans le domaine de la santé mondiale, la France se doit d’être au rendez-vous et de montrer l’exemple. Nous, communauté de la santé infantile, basés dans 20 pays du Nord et du Sud, appelons la France et le Président Emmanuel Macron à s’engager le plus tôt possible à consacrer au moins 250 millions d’euros pour Gavi. Certains problèmes sont déjà dotés de solutions, à condition de s’en donner les moyens. Dans le monde d’après, nous ne pouvons plus permettre que des enfants n’aient pas le même accès au vaccin en fonction du pays où ils sont nés, nous ne pouvons plus permettre des morts évitables.

Liste des signataires de la tribune

Médecins, pédiatres, chercheurs

  • Dr et président Noël Tordo, au nom de la Société Française de Virologie, réseau de plus de 1000 virologistes des laboratoires français, France
  • Dr Acina Emma, Pédiatre, Association Solidarité Féminine de Djibouti, Djibouti
  • Dr Ephrem MENSAH, Espoir Vie-Togo, Togo
  • Dr Errol Alden, Président, International Pediatric Association, Etats-Unis
  • Dr Naveen Thacker, Directeur exécutif, International Pediatric Association, Etats-Unis
  • Dr Uzodinma Adirieje, CEO/National Coordinator, Afrihealth Optonet Association, Nigéria

Associations

  • Shahzado Malik, Directeur exécutif, Advocacy, Research, Training and Services Foundation, Pakistan
  • Katie Husselby, Coordinatrice, Action for Global Health Network UK, Royaume-Uni
  • Patrick Bertrand, Directeur exécutif, Action Santé Mondiale, France
  • Najat Vallaud-Belkacem, Directrice exécutive, ONE France, France
  • Friederike Röder, Directrice Europe de Global Citizen, France
  • Sébastien Lyon, Directeur général, UNICEF France, France 
  • Sylvie Chantereau, Directrice générale, Amis du Fonds mondial Europe, France
  • Catherine Dimitroulias, Présidente, Association des Femmes de l’Europe Méridionale, France 
  • Alain Wilfrid PANDI, Vice-président, Association Serment Universel, République du Congo
  • Naseer Ahmed Channa, Directeur exécutif, Bright Star Development Society BalochistanPakistan
  • TOURE Penda Diagola, Directrice exécutive, Centre Solidarité Action Sociale, Côte d’Ivoire
  • Charles Herman Ashie, Président directeur général, Christ Soldiers Foundation, Ghana
  • Huma Khawar, Coordinateur OSC, Civil Society Human and Institutional Development Programme, Pakistan
  • Robin Montgomery, Directrice générale, Coalition interagence sida et développement, Canada
  • Lisa M. Hilmi, Directrice exécutive, CORE GROUP, Etats-Unis
  • Daouda Diouf, Directeur exécutif, Enda Santé, Sénégal
  • Solange Kone, Coordinatrice, FENOSCI, Côte d’Ivoire
  • Abega Akongo Urbain, Coordinateur Exécutif, FESADE, Cameroun
  • Mohammad Bailor Jalloh, Président Directeur général et président de la plateforme OSC, FOCUS 1000, Sierra Leone
  • Francesca Belli, Directrice, Focus Equality, Italie
  • Allan Ragi, Directeur exécutif, KANCO, Kenya
  • Bertrand Kampoer, Président du Conseil d’Administration, Organisation d’Afrique francophone pour le renforcement des systèmes de santé et de la vaccination, Sénégal
  • Lazare Komandegal, Président du Conseil d’Administration, Plateforme des organisations de la société civile pour la vaccination et l’immunisation au Tchad, Tchad
  • Kola Manzama-Esso, Coordinateur du Secrétariat Technique, Plateforme des organisations de la société civile pour la vaccination et l’immunisation au Togo, Togo
  • Louis Da Gama, Directeur, Princess of Africa Foundation, Afrique du Sud
  • Christina Dendys, Directrice exécutive, RESULTS Canada, Canada
  • Aaron Oxley, Directeur exécutif, RESULTS UK, Royaume-Uni
  • Harry Rogers, Responsable de plaidoyer parlementaire, Santé infantile, RESULTS UK, Royaume-Uni
  • Neil Raw, Responsable de plaidoyer politique, Santé infantile, RESULTS UK, Royaume-Uni
  • Kirsten Mathieson, Chef politique et plaidoyer, Santé et nutrition, Save the Children, Royaume-Uni
  • Florence Thune, Directrice générale, Sidaction, France
  • Hauwa Abbas, Agent en chef surveillance, Silver Lining for the needy initiative, Nigéria
  • Anna Wszelaczyńska, Président, Soroptimist International d’Europe, Genève
  • Béatrice Masson, Directrice de programmes, Soroptimist International Union française, France
  • Fara Ndiaye, Directeur exécutif adjoint, Speak Up Africa, Sénégal 
  • Olivier Defawe, Directeur, Systèmes de santé, VillageReach, Etats-Unis
  • Hameedullah Kakar, Directeur exécutif, Youth Organization, Pakistan

New report : “More private than public: the ways Big Pharma dominates the Innovative Medicines Initiative”

The report "More private than public: the way Big Pharma dominates the Innovative Medicines Initiative" is part of an in-depth work dedicated to EU’s health and climate Public-Private Partnerships, in collaboration with the NGO "Corporate Europe Observatory".

The European Union’s Research and Innovation policy (R&I) is one of the key areas that can help us deliver both a better future for EU citizens and meet our international commitments, especially the UN’s Sustainable Development Goals. R&I is integral to addressing the many challenges faced by society, whether in health and wellbeing, food and farming systems, climate change, energy, or democracy and digitalization.

The European Commission sees the R&I policy as a core tool to “help create growth and jobs and tackle our biggest societal challenges”. To help achieve these policy objectives, the Commission, among others, has established partnerships with the private sector to pool “Europe’s resources to tackle the biggest challenges, support competitiveness, deliver high quality jobs, and encourage greater private investment in research and innovation.”

One of those partnerships, the Innovative Medicines Initiative (IMI), is a large-scale public-private partnership between the European Commission and pharmaceutical trade association and lobby group EFPIA (European Federation of Pharmaceutical Industries and Associations). The first partnership, IMI, ran from 2008-2013, and was renewed as IMI2 to run from 2014-2020. IMI is up for renewal again in 2020, with plans to shift its focus to digital health.

While its stated aim is to drive innovation in pharmaceutical research in the EU and improve health, IMI has been criticised as embodying a model by which the public sector foots a large part of the bill for research, while the private sector is able to set the research agenda in its own interests, and reap the rewards.

The EU’s policies ought to be shaped to achieve direct and tangible benefits for citizens and society, including equitable access to healthcare both within Europe and globally. In the case of the IMI, this means ensuring the agenda is needs-driven, rather than set by commercial interests.

As such, this report critically examines any structural weighting of IMI towards private sector interests. For example, we examine whether the IMI is setting research priorities for pharmaceutical innovation that may be more about business-as-usual market priorities, than about compensating for ‘market failures’ (the latter is a key rationale for such a public private partnership). We investigate, in particular, what value IMI adds, and whether its set priorities are really addressing public health needs such as HIV/AIDS and poverty-related and neglected tropical diseases.

We examine whether the IMI delivers – on its own stated terms – of increasing competitiveness in the European’s pharmaceutical sector, given some of the misgivings of project partners such as small and medium enterprises. The report looks at concerns over whether public, non-profit, and smaller partners have equal access to data produced in IMI projects, or whether the influence of the private pharmaceutical sector is placing undue limits on intellectual property.

The question of whether the IMI awards the private industry unwarranted influence in the formation of regulations for the health sector – such as medicines safety, or privacy of patients’ data – is also crucial. And it is equally important to assess whether an imbalance towards industry is reflected in the IMI’s governance, finance, and accountability structures.

Overall, this report asks whether the IMI’s health research truly delivers tangible benefits for citizens, such as better access to health innovations, or whether it is rather focused on enhancing the competitiveness of the largest pharmaceutical corporations?

Both Horizon 2020, the current R&I framework programme, as well as IMI2, end in 2020. At the time of writing, the European institutions are in the process of designing Horizon Europe to succeed Horizon 2020, as well as the successor of IMI2 to be called “Innovative Health Initiative”. It is an important moment, then, to investigate the societal impact of IMI, particularly in terms of public health goals, in order to meaningfully feed into the discussions and the processes around the future of the programme. The future shape of IMI’s successor is of interest to all European citizens, and especially given the large sums of taxpayers’ money to be spent on such a research framework, we believe this should be a topic of wider public discussion.

The methodology of the report has included desk and literature review and interviews, and Freedom of Information requests to the European Commission. We have compared the IMI’s research areas to those identified by the World Health Organisation as priority areas for medicine and interviewed former participants in IMI projects. We have examined the governance structure, accountability, and evaluation processes of IMI. This was an attempt to assess both whether IMI delivers positive societal impacts, and to understand whether its stated claims of enhancing EU competitiveness stand up to scrutiny.

Furthermore, we made a critical assessment of what governance and accountability mechanisms were in place to ensure that public money spent through IMI focuses in areas where there was a clear and real need for public funding. Billions have been spent on IMI to date, and it is likely that billions will be invested in the next partnership. It is therefore critical to analyse whether IMI is truly equipped to achieve its own stated aims and deliver benefits for society.

The report aims to answer to these and other questions that arose as we carried out our investigation into IMI.

Read the full investigation here.

Read the Executive Summary : English - French - Spanish - German

 

For further information or interview requests, please contact:

Hélène Gombert
Campaign & Media Officer
hgombert@ghadvocates.org
+336.27.63.42.13

Marine Ejuryan
Advocacy Manager
mejuryan@ghadvocates.org